L'homme parle de la politique 

 

NC : En Italie, on est très engagé, politiquement. Il y a une culture politique, en Italie. Peut-être plus que chez nous, en France.

AB : Certainement, oui. Ecoutez, moi je suis engagé comme citoyen, je veux dire, je m'occupe pas mal, je suis même administrateur, dans la petite municipalité où je vis.

NC : Et le fait d'être écouté, dans quasiment tous les pays d'Europe, ça ne donne pas envie, aussi, de véhiculer deux trois idées importantes ?

AB : On peut véhiculer des choses. Ah oui ! Et moi je l'ai fait pas mal de fois. J'ai collaboré avec l'UNICEF, pour un album entier et pour une tournée européenne entière. Je travaille beaucoup avec, par exemple, GREENPEACE, mais sur des choses concrètes. Là où je sais parfaitement que la solution n'est pas dans ma chanson. Mais je veux dire, la chanson est toujours... un moyen. Ca peut éventuellement être le petit truc qui va à la bombe que tu allumes. La mèche, voilà.

NC : Et quand vous avez chanté à la fête de l'humanité ? Il y a des partis politiques pour lesquels vous ne chanteriez pas ?

AB : Oui. Mais moi j'ai même chanté devant le pape. C'est à dire, il y a des occasions, que... Moi je le dis carrément, quand j'ai chanté avec l'orchestre de santa cecilia à rome devant le pape, j'ai dit, et même à lui je l'ai dit, même si ça avait été le dalaï-lama, j'aurais été là. Parce que je voulais chanter avec l'orchestre de cent-vingts personnes !!!

 NC : Vous qui vous baladez en europe, comment elle se porte, la chanson française ? Déjà en Italie, que vous connaissez bien !

AB : La chanson est toujours le reflet de ce qui se passe.

NC : Par exemple, ce qui se passe en ce moment en France, les quotats, cette espèce de défense, comme ça, cet engagement politique, des politiques par rapport à la chanson...

AB : Là c'est une chose que je serais trop superficiel.

NC : Et chez vous, en Italie, ça existe ?

AB : Non, ça n'existe pas. Moi je fais seulement un exemple qui me semble intéressant, c'est à dire : le cinéma italien, pour lequel j'ai beaucoup travaillé, et avec les plus grands, est en train de mourir. Alors, disons que je ne sais pas si c'est parce que il n'y a pas des talents, mais si je fais le rapport avec ce qu'il s'est passé avec J.LANG, en France, donc qu'ils ont fait quelque chose pour le cinéma français, le cinéma français est le seul, en ce moment, en europe, qui marche.