NC : Le cinéma anglais, aussi, repart un peu.

AB : Alors, moi je ne dis pas que c'est que le mérite des lois de J.LANG, mais évidemment, ça a compté.

NC : Mais la chanson, en Italie, la chanson italienne, il y a quand même une tradition ? Comment se porte t-elle ?

AB : Il y a des choses très belles...

NC : Il y a une production, et dans les autres pays que vous visitez ?

AB : En Allemagne, il y a des choses intéressantes, aussi.

NC : Oui ?

AB : Oui. Il y a des choses intéressantes.

NC : Parce que nous, on a un peu l'impression, quand même, qu'il y a une colonisation (de la culture américaine), on va dire.

AB : Là, on rentre dans un domaine... Moi j'aime à la folie la musique américaine, je vous le dit. Je trouve des choses incroyables. Le disque de SPRINGSTEEN, le dernier, pour moi c'est une des choses les plus belles que j'ai jamais entendu, mais, dans ma vie, quoi. Sans être réthorique, donc. Mais bon ! Très compliqué.

NC : Vous n'êtes pas concerné, vous, par ce, par cette idée ?

AB : Laquelle ?

NC : L'idée de défendre les cultures, enfin, la chanson, puisqu'on en parle, la chanson nationale. Dans les différents pays d'europe.

AB : ce n'est pas une question de défendre, c'est une question de comprendre pourquoi on fait ça et pas une autre chose. Dans les traditions musicales italiennes, ou nationales, donc dans la tradition musicale italienne je peux parler. C'est très long mais on peut parler de pourquoi on fait ça et on fait pas autre chose. Parce que il y a historiquement des raisons précises qui ont beaucoup à voir avec une période de la vie musicale italienne, c'est à dire tout le fait que la musique italienne n'a jamais produit ce que l'on appelle un symphonisme. Donc, à moment donné, après la période baroque, les musiques européennes ont produit une espèce de révolution dans l'harmonie, jusqu'à WAGNER. En Italie, ça n'y a pas été. Donc il y a eu une période de sommeil entre un certain moment et le mélodrame qui était une chose tout à fait très populaire. Donc nous, il nous manque toute une culture d'harmonie. Alors si tu entends des musiques italiennes, c'est toujours, harmoniquement, très très simple. Alors à partir de ça, les fils de la tradition nordique ont produit des choses harmoniquement plus complexes et plus jolies. Nous, on continue à faire les accords du "coiffeur", comme on dit. Alors ça tu vois, alors ça, si tu y réfléchis, tu le dis, tu le sais, et voilà !

NC : Ca n'explique pas tout ?

AB : Non, mais ça explique pas mal de choses.