De l'homme

NC : Alors, dans le phénomène de l'artiste, il y a aussi un autre paramètre, dont il faudrait que l'on parle, c'est la postérité. L'artiste laisse une oeuvre et veut marquer son temps.

AB : -Alors écoutez, moi, cette séance psychanalytique gratis c'est bien, là vous touchez pas mal de points intéressants !- C'est évident, qu'il y a ça. Ca veux dire, c'est très évident, c'est l'immortalité, c'est ça. Faut pas, alors bien si tu fais des chansons comme ça, à la machine, non, mais caché derrière tout ce que je dis, il y a ça. Evidemment.

NC : C'est rare, pour un chanteur, de l'avouer aussi facilement.

AB : Mais non mais moi je l'avoue même plus que ça. Moi je chante déjà dans l'immortalité. Et c'est pas un délire. Mais je vais vous dire pourquoi. C'est une chose très très simple : Alors, la chanson qui s'appelle "à la foire de l'est", les pauvres enfants de l'école maternelle, en Italie, la connaissent. Tous, on leur fait chanter ça. Tous, à partir, les pauvres, de trois ans. Juqu'à cinq ans, après, j'imagine et j'espère, ils vont écouter Bonjovie... Si tu vas chez les enfants et tu leur dit : "tu connais Branduardi ?", ils vont te dire : "mais c'est qui ? Non, on ne connait pas!". Mais si tu leur dit : "le cat, qui mange la taupe..." "Ah, oui, ah ça on connait". Le nom, chez ces nouvelles générations, ça ne dit rien. Mais l'oeuvre est devenue patrimoine.

NC : Donc, c'est la consécration suprême, pour un artiste. Entrer dans le folklore. Alors qu'est-ce que vous faites, aujourd'hui ? Pourquoi vous continuez ?

AB : Ah oui, je me jette dans la seine tout de suite ! Je sors de la maison de la radio...

NC : Et donc, j'ai eu votre dernier entretien !

AB : Et oui ! Demain vous allez placer cet interview dans le monde entier et...

NC : Donc le monde entier va vous écouter demain, qu'est ce que vous avez à...

AB : On va vendre des millions d'albums !

NC : Qu'est -ce que vous avez comme message à délivrer au monde ? Le dernier !

AB : Le dernier ? Il faut bien que la chair exulte ! Je le répète tout le temps, mais faut bien le dire !

NC : C'est vrai que vous êtes un jouisseur, il parait.

AB : Bien, je fais de mon mieux !

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Angelo BRANDUARDI est né près de milan, il a grandi à gênes, et tout dans son apparence désigne l'italien sympathique, bavard, drôle, et cherchant à séduire par tous les moyens, surtout par l'aspect vestimentaire...

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AB : Moi, j'avoue une chose. Que le côté habit, habit vous dîtes, ça m'intéresse beaucoup.

NC : Pourquoi ?

AB : Parce que ça m'intéresse ! Moi j'ai un tas de choses que je ne mets jamais parce que...

NC : C'est l'italien, ça ?

AB : Mais j'ai des beaux trucs, de ce que vous voyez, à part le téléphone, mais c'est pas le côté baba-cool qui est mis par hasard.

NC : Oui, c'est ce que j'ai vu quand vous êtes arrivé.

AB : Mais c'est des choses évidentes.

NC : C'est quoi ? Une montre à gousset ?

AB : Ca c'est pas mal... Regardez les chaussures ! (nàMU : Ceci dit au deuxième degré !). Alors même le jean, regardez !

NC : Oui, il est très très beau, je l'ai vu lorsque vous êtes arrivé...

AB : Alors c'est...

NC : C'est le côté milan, ça !

AB : Et oui...

NC : C'est le côté frimeur ?

AB : Oui, alors, alors, c'est un mélange de plusieurs choses, de choses misérables et de choses qui sont, je ne sais pas...